Liban : mobilisation pour sauver le pays de ses déchets

Publié le 28 novembre 2017 à 10:12 Aujourd'hui | 798 vues

Un collectif libanais a lancé une opération de plongée sous-marine. Le but est de récolter le plus d’ordures possible afin d’éviter de revivre une crise des déchets. 

De nos jours, la prolifération de déchets est un fléau pour l’environnement. D’ailleurs, beaucoup d’entre eux finissent dans les mers et océans. C’est notamment le cas en Méditerranée où on compte près de 250 milliards de micro-déchets, dont 80% proviennent de la terre. Récemment, la photographe Caroline Power a posté sur Facebook plusieurs photos prises près des côtes du Honduras sur lesquelles on pouvait voir une mer de déchets. Pire encore, selon la Fondation Ellen MacArthur, si rien n’est fait pour empêcher cela, les eaux pourraient contenir, en poids, plus de déchets que de poissons.

Le Liban n’est pas exempt de cette situation. Pour enrayer ce problème, l’association libanaise Live Love Beirut, qui vise à promouvoir une image positive du pays, a lancé une campagne de ramassage des déchets. Les membres du collectif, recrutés sur les réseaux sociaux, font de la plongée sous-marine volontairement pour récolter les détritus abandonnés près des côtes. Canettes, pneus de voitures, plastiques… Des déchets en tout genre sont repêchés. Pour l’heure, huit plages organisent ce type d’opération. « On a organisé cet événement pour montrer comment les ordures affectent nos vies » explique dans une vidéo de l’AFP, reprise par plusieurs médias, Maya Saad, l’organisatrice de l’événement. « On ne demande pas à tout le monde de venir plonger et ramasser des ordures, on veut que les gens réfléchissent chez eux à comment gérer leurs poubelles », précise-t-elle.

Jusqu’à 80 tonnes de déchets triées

Si des initiatives privées voient le jour, c’est parce que le gouvernement libanais a du mal à gérer ce problème. Malgré tout, la directrice du cabinet de conseil Econcentra, Lama Bashour, estime que le « gouvernement doit gérer deux choses ». « Nous sommes en face d’une crise et il doit continuer à affronter cette crise, mais en même temps il doit commencer à réfléchir aux solutions durables de manière sérieuse, commencer à les mettre en place, même petit à petit. Par exemple, la question du tri, du recyclage à Beyrouth. Jusqu’à présent on n’a pas commencé à le mettre en place de manière sérieuse », explique-t-elle.

Dans l’arrière-pays, d’autres projets sont mis en place, notamment grâce au secteur privé qui a pris à son compte la gestion des ordures. Par exemple, l’entreprise Cedar Environmental, qui dispose de huit centres dans tout le pays, tri plus de 80 tonnes de déchets par jour. « Quand vous réunissez les ordures dans de grandes quantités, c’est impossible de les trier alors que quand vous les répartissez dans les régions et créez des usines vous pouvez les trier et récupérer beaucoup de choses. À Beit Mery nous avons réintroduit 500 à 600 tonnes de matières premières dans l’industrie locale », explique le fondateur de l’entreprise Ziad Abi Chaker.

La crainte de la crise de 2015

Le Liban, qui produit 6 000 tonnes de déchets par an, craint de revivre la crise de 2015 lorsque la principale décharge du pays avait fermé ses portes et que les ordures joncher le sol. Malheureusement le pays est presque en train d’en prendre le chemin. À une quarantaine de kilomètres au sud de Beyrouth, à Saïda (ou Sidon), une montagne de déchets a fait son apparition sur la côte, au sein d’une usine de recyclage. La ville a pourtant assuré qu’elle allait construire une nouvelle décharge prochainement. D’ailleurs, niveau recyclage, cela ne représente que 15% du traitement des ordures. Cependant, le gouvernement, lui-même, serait en train d’étudier un plan mettant l’accent sur le recyclage.

Marie Bascoulergue

Surprise

Perpète : quand le prêt-à-porter pour enfant pense à la planète

> Toutes les vidéos

Rappel de produit

> Tous les rappels de produit

Sur le même thème