Éoliennes : quel impact sur la mortalité des oiseaux ?

Publié le 23 juin 2017 à 9:20 Aujourd'hui | 883 vues

La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) a publié, mardi 20 juin, une étude nationale inédite sur la mortalité des oiseaux due aux éoliennes. Selon l’association, les éoliennes présentent un risque plus important pour les oiseaux dans les zones « Natura 2000 ». Toutefois, le taux de mortalité reste faible. 

Bien que des suivis environnementaux aient été menés sur de nombreux parcs éoliens français entre 1997 et 2015, aucune analyse globale n’avait été réalisée. C’est pour cela que la LPO a compilé et analysé pendant un an, 197 rapports de suivi réalisés sur un total de 1065 éoliennes et ce, réparties sur 142 parcs français. La ligue a pu constater un certain nombre d’indicateurs limités : distribution géographique disparate, suivis parfois décorrélés des cycles biologiques des espèces identifiées et la disparité des méthodologies mises en oeuvre. Mais elle a ainsi pu récolter une masse de données importantes.

Le nombre de cas de collisions constatées par la LPO est variable d’un parc à l’autre. Il apparaît aussi relativement faible face à l’effort de prospection mis en oeuvre. C’est plus de 37 839 documents qui ont permis de retrouver 1 102 cadavres d’oiseaux. L’estimation de la mortalité réelle, elle, varie selon les parcs éoliens de 0,3 à 18,3 oiseaux tués par an. Ces résultats sont comparables à ceux relevés aux États-Unis et au Canada.

Les espèces les plus touchées sont les rapaces nicheurs et les passereaux

60% des cadavres retrouvés sont principalement des passereaux. Les Roitelets à triple bandeau et les martinets noirs sont les espèces les plus nombreuses au pied des éoliennes françaises. Quant aux rapaces diurnes, ils représentent 23% des cadavres retrouvés. Sur les 97 espèces d’oiseaux, 75% sont officiellement protégées en France. À noter que 10,2% des cadavres sont des espèces inscrites à l’annexe I de la Directive Oiseaux. On retrouve donc le Faucon crécerellette, le Milan royal, le Milan noir et le Busard cendré. 8,4% d’entre eux sont considérés comme des espèces menacées sur la liste rouge française.

Cette mortalité due aux éoliennes est deux fois plus importante dans les parcs situés à moins de 1 000 mètres des zones de protection spéciales (ZPS), appelées aussi zones Natura 2000. À savoir que les parcs les plus anciens, mis en service avant 2004, sont plus souvent situés dans des espaces naturels et à proximité de ZPS.

Les mesures préconisées par la LPO

Suite à ce constat, l’association demande donc de refuser l’implantation de parcs éoliens dans les zones de protection spéciales et ce, dans une zone tampon d’au moins un kilomètre. Les ZPS représentent d’ailleurs 8% du territoire métropolitain. La Cour de justice de l’Union européenne avait jugé en 2011, qu’une réglementation nationale interdisant l’implantation d’éoliennes en zones Natura 2000 n’était pas contraire au droit communautaire.

L’association préconise également de ne pas implanter des éoliennes à proximité des sites de reproduction et de préserver les espaces vitaux de ces espèces. « Aucun suivi n’a permis de démontrer l’efficacité de dispositifs techniques visant à réduire leur mortalité par collision avec les éoliennes », explique la LPO, dans son communiqué. Elle suggère aussi de prendre en compte les principales voies de déplacement des espèces migratoires, mais aussi des migrations nocturnes pour la mise en place de nouveaux projets éoliens.

Concrètement la LPO demande que des radars ornithologiques soient déployés plus fréquemment à l’échelle des projets mais également dans le cadre de la planification régionale.

Ne pas réhabiliter certains parcs éoliens

De nombreux parcs éoliens arrivent en fin de vie, surtout que de nombreux contrats d’achat d’électricité ont une durée de 15 ans et arrivent bientôt à terme. « Il s’agit là d’une opportunité unique de réduire l’impact du parc éolien français sur l’avifaune en faisant le choix de ne pas remplacer certaines éoliennes très problématiques », indique la LPO.

Celle-ci souhaite donc élaborer « un protocole de suivi robuste applicable à tous les parcs éoliens » afin de conforter dans le temps le suivi de l’impact des parcs en fonctionnement. Bien qu’un protocole ait été reconnu en 2015, celui-ci ne précise ni les périodes, ni les surfaces, ni la fréquence de prospection.

Jade PANOSSIAN

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