Néonicotinoïdes : 135 parlementaires veulent une interdiction stricte

Publié le 28 mars 2018 à 16:21 Aujourd'hui | 1346 vues

Un comité de 135 parlementaires a décidé, mardi 27 mars 2018, d’apporter son soutien à la filière apicole. Ils appellent ainsi à une interdiction stricte des néonicotinoïdes à partir du 1er septembre 2018. 

Ce n’est un secret pour personne, les néonicotinoïdes sont dangereux pour les abeilles. De par l’utilisation massive de produits phytosanitaires, près de 30% des colonies d’abeilles disparaissent chaque année depuis 1995, estime l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF). Pire encore, l’utilisation de ces produits toxiques aurait fait tripler le taux de mortalité de ces insectes volants. Qui plus est, sa nocivité a été confirmée par deux expériences menées en Europe et au Canada, et dont les résultats ont été publiés en juin 2017. En février dernier, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a confirmé, à son tour, la dangerosité de trois néonicotinoïdes sur les abeilles, à savoir la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame.

C’est dans ce contexte que 135 parlementaires se sont réunis en comité de soutien mardi 27 mars, à l’occasion de la semaine pour les alternatives aux pesticides, qui se déroule jusqu’au 30 mars prochain. Le but : soutenir la filière apicole. Parmi eux, Delphine Batho, Députée des Deux-Sèvres, Nicolas Dupont-Aignan, Député de l’Essonne, Frédérique Espagnac, Sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, Matthieu Orphelin, Député de Maine-et-Loire, Yannick Jadot, Eurodéputé ou encore Laurence Rossignol, Sénatrice de l’Oise. Ces élus ont ainsi réclamé une véritable application de la loi interdisant les néonicotinoïdes. Une action soutenue et saluée par l’UNAF, la Fédération Française des Apiculteurs Professionnels (FFAP), la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), et les associations Agir pour l’Environnement et Générations Futures.

« Il y a urgence à interdire les néonicotinoïdes »

Pour cette occasion, les 135 parlementaires ont signé une tribune publiée dans les colonnes de Ouest France, également disponible ici, sur le site Internet de l’UNAF. « Cette toxicité n’est plus tolérable car elle menace la biodiversité et compromet en particulier le service inestimable de pollinisation rendu gratuitement par les insectes. Il n’est plus tolérable non plus de traiter de manière préventive les semences des plantes avec ces pesticides neurotoxiques, systémiques et extrêmement rémanents », indiquent les parlementaires dans cette tribune. Ces derniers estiment donc qu’il y a « urgence à interdire les néonicotinoïdes », rappelant que « des tentatives de remettre en cause ou de contourner la loi sont apparues ». « L’une d’entre elles a échoué cet automne grâce à l’action des apiculteurs et des organisations environnementales ». Pour rappel, la France avait décidé d’autoriser le sulfoxaflor, or le juge administratif a suspendu cette autorisation, « arguant du principe de précaution ». Face à de tels comportements, les élus ont donc peur que la loi interdisant sept néonicotinoïdes dans des mélanges ou des semences traitées ne soit pas réellement appliquée. Et pour cause, des dérogations seront possibles jusqu’au 1er juillet 2020, après l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire et de l’alimentation (Anses).

Le comité rappelle également que « l’interdiction des néonicotinoïdes est une opportunité pour notre modèle agricole ». Selon eux, « elle doit permettre de rompre avec les pratiques d’application préventives de pesticides en traitement de semences ». Cela doit également « conduire à mettre en oeuvre les principes de la lutte intégrée contre les ravageurs des cultures, en vertu desquels les pesticides ne sont utilisés qu’en dernier recours, après avoir mis en oeuvre d’autres méthodes alternatives ». De ce fait, à quelques semaines des décisions interministérielles sur d’éventuelles dérogations et comme les premières discussions sur la loi agricole sont ouvertes, les parlementaires appellent à protéger cette interdiction, à refuser l’utilisation préventive des néonicotinoïdes et à promouvoir les principes de la lutte intégrée contre les ravageurs.

Bruxelles s’engage en faveur des abeilles

La France n’est pas la seule à mener un tel combat. Elle a le soutien de Bruxelles, qui s’engage plus globalement en faveur des abeilles. Le 11 janvier dernier, la Commission européenne a lancé une consultation publique visant à « recueillir des avis sur le déclin des pollinisateurs afin de contribuer à l’élaboration d’une initiative européenne sur les pollinisateurs ». Les particuliers et les organisations ont encore quelques jours (jusqu’au 5 avril) pour apporter leur contribution. Il suffit de se rendre ici. Plus récemment, c’est le Parlement européen qui a décidé de s’engager en faveur de la filière apicole. Le 1er mars dernier, l’instance a appelé « l’UE et ses États membres à investir davantage dans la protection de la santé des abeilles, la lutte contre le miel frelaté et le soutien aux apiculteurs ». Une résolution a été adoptée par 560 voix pour, 27 voix contre et 28 abstentions. À cette occasion, le rapporteur et eurodéputé hongrois Norbert Erdős a indiqué que « 76% de la production alimentaire en Europe dépend de la pollinisation. Les abeilles sont donc indispensables à notre sécurité alimentaire ».

 

Marie Bascoulergue

  1. Soutien total à ces 135 parlementaires éco-responsables. 👍

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