NÉONICOTINOÏDES : LES INSECTICIDES TUEURS D’ABEILLES SERONT INTERDITS

Publié le 23 juin 2016 à 12:00 Demain | 702 vues

Les insecticides de la famille des néonicotinoïdes, utilisés dans l’agriculture et considérés comme tueurs d’abeilles, seront interdits à partir de septembre 2018, mais avec des dérogations possibles jusqu’en 2020.

Que serait le monde sans abeilles ? Ces insectes pollinisateurs, responsables d’une grande majorité de nos cultures, sont menacés par de multiples facteurs. Notamment par les insecticides de la famille des néonicotinoïdes, utilisés en agriculture pour la protection des plantes. Les députés ont donc décidé d’interdire mercredi 22 juin au soir ces insecticides de la famille des néonicotinoïdes, considérés comme tueurs d’abeilles, à partir de septembre 2018. Ils ont en effet reconnu cette famille de pesticides comme nocive pour l’environnement et la santé.

Ils étaient 36 députés contre 31 à approuver, pour septembre 2018, cette interdiction sur l’ensemble des cultures, « y compris les semences traitées avec ces produits ». Toutefois, le texte prévoit « que des dérogations à cette interdiction pourront être prises par un arrêté conjoint des ministres chargés de l’agriculture, de l’environnement et de la santé. Ces dérogations pourront être accordées jusqu’au 1er juillet 2020 ». Il doit encore faire l’objet d’un examen du Sénat puis d’une lecture devant l’Assemblée le 18 juillet. En cas de désaccord, c’est l’Assemblée qui a le dernier mot en votant le dispositif adopté actuellement.

Pour établir ces dérogations, les ministres pourront s’appuyer sur le travail de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) qui « établira un bilan comparant les bénéfices et les risques » des néonicotinoïdes et des produits ou méthodes de substitution disponibles.

Les insecticides font débat

Cette décision a fortement divisé au sein de l’Assemblée. Tandis que certains ont estimé que l’interdiction définitive sera difficile avant 2020, d’autres ont approuvé ce choix déclarant qu’il existe des produits de substitution moins nocifs. Les céréaliers se sont déclarés d’accord pour une interdiction de ces produits, au cas par cas, à compter de 2021, et seulement après avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Ils prétendaient vouloir un peu de temps pour trouver des alternatives.

Cet amendement avait été soutenu avant le débat par la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal : « Il faut fixer des perspectives claires pour que l’industrie investisse dans des produits de substitution », avait-elle déclaré.

Pour les ONG, la décision est insuffisante. « Dans la pratique, l’interdiction des néonicotinoïdes ne sera pas réelle avant 2020, soit encore quatre ans d’utilisation », déclare Générations futures, selon des propos rapportés par Le Monde. Quant à la Fondation Nicolas Hulot, elle « regrette l’introduction de possibles dérogations alors même que des alternatives existent et que deux années suffisent pou faire sortir ces produits [néonicotinoïdes] des fermes ». Le 16 juin, ces ONG avaient remis, à Ségolène Royal, une pétition pour demander l’interdiction des néonicotinoïdes. Plus de 600 000 personnes ont signé cette requête. Une précédente pétition lancée en 2015 pour interdire les insecticides « tueurs d’abeilles » avait obtenu du gouvernement l’adoption d’un amendement interdisant ces pesticides dès le 1er janvier 2017.

Roumaissa Benahmed

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