Nos coups de coeur du salon du textile Made in France

Publié le 11 avril 2019 à 11:14 Made in France | 311 vues

Début avril 2019 se tenait le salon Made in France Premiere Vision dont le matériau mis en exergue était cette année la laine. À cette occasion Réponse Conso est parti à la rencontre de quelques artisans exceptionnels et de leur savoir-faire sans pareil. 

Les professionnels du textile et de la mode ou simple curieux fourmillent dans le salon Made in France Première Vision où la laine est mise à l’honneur cette année. Les 3 et 4 avril derniers au Carreau du temple à Paris le but était de promouvoir la filière française de la laine. Ainsi, 108 entreprises étaient au rendez-vous pour mettre en valeur le savoir-faire textile hexagonal durement concurrencé par l’Asie depuis maintenant des décennies.
Pourtant, on peut se réjouir d’une tendance à la hausse ces dernières années puisqu’en 2017, l’industrie textile gonflait ses rangs de 60 350 emplois en France.
 Comme dans d’autres secteurs, c’est dans le haut de gamme et l’innovation que la filière textile tricolore semble trouver son salut. Réponse Conso a rencontré quelques-uns de ses artisans à la dextérité et à la passion à toute épreuve.

Cortex de Claude Corbière

En se baladant dans les allées du salon, on tombe sur un homme qu’on pourrait dire au premier abord proche de la retraite. Pourtant, Claude Corbière fondateur de Cortex et Coriex, montre un œil vif qui attire comme un aimant. Actif dans le textile depuis 1975, l’artisan a étudié les mathématiques et la chimie, a fondé un groupe scolaire, fait du journalisme et « surtout beaucoup d’invention » ajoute-t-il à ce palmarès impressionnant. Claude Corbière se place dans le textile pur et fournit la matière aux créateurs de mode. On lui doit notamment le procédé moderne pour la réalisation du plissé fortuny repopularisé par la maison Issey Miyaké.

plissé cortex

plissé cortex

Toujours dans la recherche de nouveau processus, l’inventeur revendique également la paternité de plusieurs machines à tisser utilisées dans le monde entier  comme la Speeder ou la Loomprinter. Des machines sur-mesure qui permettent des plissés originaux que l’artisan expose fièrement. Odéon, soleil, diagonal ou encore boréal sont les noms qui aujourd’hui ravissent les créateurs de vêtements en tout genre. « L’industrie du textile en France a été assommée par les importations chinoises , même si ces dernières années ont permis de remonter la pente, la seule solution pour nous reste d’innover » assure le vieux loup de mer du tissu.

Le Mohair des Fermes

À l’autre bout du bel espace lumineux que constitue le Carreau du temple, on retrouve Frédérique Bonnin qui représente la coopérative d’éleveur Le Mohair des Fermes. Le mohair est une laine spécifique provenant des chèvres de race angora utilisée pour créer des tissus soyeux et légers. Frédérique et Liliane toutes les deux présentes sur le stand de ce quasi-label possède respectivement des cheptels de 42 et 30 chèvres issues d’une sélection génétique des bêtes pour obtenir un pelage de la plus haute qualité. Les tontes permettent d’obtenir en moyenne la quantité artisanale de 150 kilos par an par cheptel. Sur le présentoir, on observe les trois stades de traitement de la laine de mohair. Le produit brut, puis lavé et enfin mis en ruban.

Les trois stades du mohair

De belles pelotes !

Pull à base de mohair

C’est le dernier stade qui fait comprendre au toucher que l’on a jamais eu entre ses mains de la laine pure tant la sensation est jouissive. On ne rêve que d’une chose, se procurer un pull dans cette matière à la fois chaude mais qui ne provoque aucune transpiration. 

La situation du secteur demeure toutefois complexe, en cause notamment le scandale du mohair d’Afrique du Sud révélé par PETA qui appelait au boycott de la totalité des vêtements fait à partir de cette matière. Un coup dur pour les artisans français qui pourrait toutefois se révéler bénéfique si les grands noms de la mode se décide à se fournir localement. En effet, la qualité n’en sera qu’améliorée « La toison d’une chèvre est comme vos cheveux si la santé ne suit pas derrière, le résultat sera une fibre de mauvaise qualité » explique Frédérique Bonnin.
Bien sûr, la laine de mohair est un produit de luxe et il faut débourser aux alentours de 150 euros pour percevoir un pull de bonne qualité.

Tannerie Pechdo

Des couleurs vives signées Pechdo

Des finitions d’une artiste suédoise sur un cuir Pechdo

Le salon regorge également de produits étonnants comme le cuir lavable à la machine de la tannerie Pechdo. Situés à Millau dans l’Aveyron, les artisans du cuir ont mis au point une matière naturelle dont le traitement est un secret de fabrication bien gardé. Issu de véritables peaux de vache, il est en effet possible d’effleurer 7 échantillons correspondant à 7 cycles de lavage où il n’apparaît aucune différence notable entre eux. Une prouesse technique qui ne demande pas moins de 25 étapes. Au bout du compte, la tannerie Pechdo offre une large gamme de cuir aux usages, textures et coloris très variés. L’entreprise en activité depuis 1900 s’est spécialisée dans le cuir de maroquinerie, de ganterie et de vêtements et à ce titre est inscrite aux entreprises du patrimoine vivant.

Texcube : le textile du futur

Pour finir Texcube nous a directement envoyé dans le futur du textile avec un processus innovant de traitement du tissu. Pour faire simple, le procédé que propose la start-up permet de former des textiles par soudure ultrason, thermocollage et découpe laser. Ainsi, l’entreprise d’innovation textile drômoise s’attelle à produire des vêtements sans couture, un vrai tour de force qui a été commercialisé sous la marque Aouro. La marque propose ainsi des vestes, parkas et ponchos homme et femme fait d’une seule pièce offrant une perméabilité hors-pair, des poches discrètes, une forme réglable. Texcube semble par ailleurs vouloir se tourner vers de plus en plus d’intégration d’éléments intelligents permettant de traduire des données corporelles et environnementales à partir des tissus vestimentaires. De belles perspectives Made in France.

Innovation quand tu nous tiens !

Texcube : des vêtements faits d’une pièce

À la sortie du salon, s’expose le vestiaire Tricolor pour achever en beauté le salon où sont présentées des pièces issues de 68 marques et designers mettant en valeur la filière lainière Made in France. Vous trouverez en lien ci-dessous les différents artisans cités dans l’article. 

Vestiaire Tricolor : que de laine !

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