Plomb dans l’eau : des solutions existent mais les risques pour la santé persistent

Publié le 22 novembre 2017 à 16:07 Aujourd'hui | 1040 vues

Améliorer la qualité de l’eau des robinets est l’un des objectifs majeurs de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Dans son dernier rapport, l’Agence explique que le traitement par orthophosphates ne serait pas suffisant à lui seul pour réduire la teneur en plomb.

Lorsque l’on a une petite soif en pleine nuit, on prend souvent un verre d’eau du robinet au lieu de perdre son temps à ouvrir une bouteille. Cependant attention, car bien qu’elle soit potable, elle contient des substances inattendues. En janvier dernier, l’ONG Générations Futures révélait que plusieurs pesticides, dont une majorité de perturbateurs endocriniens, se trouvaient dans l’eau du robinet. Quelques mois plus tard, c’est le site Orb Media qui s’inquiétait de la présence de microparticules de plastiques au niveau mondial.

Aujourd’hui, c’est l’Anses qui alerte sur la présence de plomb dans l’eau du robinet. En cause : « les matériaux constitutifs du réseau de distribution en plomb ou contenant du plomb », explique l’Agence dans son rapport publié le 21 novembre 2017. Autrement dit, il s’agit des branchements publics entre la canalisation principale et le compteur d’eau, ainsi que des canalisations intérieures dans les bâtiments anciens notamment.

Une efficacité variable

Afin de faire respecter la limite de qualité de l’eau (10µg de plomb par litre), des solutions ont déjà été envisagées comme le remplacement des canalisations, le traitement modifiant la qualité des eaux ou encore le recours à l’acide phosphorique ou d’orthophosphates. Ainsi, dix usines de production d’eau d’Île-de-France ont eu recours aux orthophosphates entre 2003 et 2013. Ce minéral a été ajouté pour « les eaux moyennement et fortement minéralisées, présentant un pH d’équilibre inférieur à 7,5 » (le pH de l’eau du robinet étant aux alentours de 7). C’est pour estimer l’intérêt de cette pratique que l’Anses a été saisie.

Selon ses experts, la concentration en plomb dans l’eau a effectivement diminué mais cela varie d’un site à l’autre. « Ainsi, le traitement ne permet pas de respecter en permanence et à tous les points d’usage, la limite réglementaire de qualité du plomb dans les eaux destinées à la consommation humaine », précise l’Agence. Il s’agit d’une « mesure de protection collective possible mais non suffisante à elle seule », estime l’Anses, soulignant que d’autres solutions existent comme le traitement des eaux au niveau de l’étape de production, le renforcement de l’information auprès des professionnels et des usagers, ou encore le remplacement des branchements et canalisations. En revanche, « les données disponibles ne permettent pas d’évaluer avec précision les effets du traitement aux orthophosphates sur la qualité de l’eau distribuée », explique l’Agence.

Un risque pour la santé

La réduction de l’exposition de cet élément chimique « reste un objectif prioritaire de santé publique » car les effets néfastes sur la santé sont liés à la concentration en plomb dans le sang (la plombémie). Pire encore, l’intoxication par ce métal toxique (saturnisme) est très présente chez les jeunes enfants et peut atteindre « 14% chez les enfants âgés de 13 à 36 mois ». L’Agence conseille ainsi aux consommateurs de « laisser couler l’eau avant de prélever pour les usages de boisson ou la cuisson des aliments si l’eau a stagné dans le réseau » et de « ne pas utiliser l’eau du circuit d’eau chaude pour la préparation de boissons chaudes et de denrées alimentaires ».

Marie Bascoulergue

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