Pollution : les plastiques à usage unique bientôt interdits en Europe

Publié le 20 décembre 2018 à 12:13 Aujourd'hui | 621 vues

Assiettes, pailles, touillettes, couverts, tiges pour ballons… Ces objets en plastique à usage unique devraient être interdits dans l’Union européenne d’ici 2021, selon un accord provisoire convenu entre le Parlement et le Conseil européens mercredi 19 décembre.

Ce n’est un secret pour personne, les océans sont souillés par des monticules de déchets en plastique. Sacs gobelets, pailles, emballages alimentaires… Chaque année, huit millions de tonnes de plastique finiraient dans les océans, contaminant les eaux et tuant les espèces marines et les oiseaux. Pour stopper cette pollution dévastatrice, la Commission européenne avait proposé en mai dernier d’interdire une dizaine de produits jetables en plastique « les plus présents sur les plages et dans les mers européennes », et pour lesquels il existe des solutions de remplacement facilement disponibles et peu coûteuses. Parmi eux : les bâtonnets de coton-tige, les couverts, les assiettes, les agitateurs de boissons ou encore les tiges pour ballons. Huit mois plus tard, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne sont parvenus à s’entendre sur une législation à cet effet !

« Les citoyens n’attendaient qu’une chose de l’Union européenne, qu’elle adopte une directive ambitieuse contre les plastiques jetables responsables de l’asphyxie des mers et océans. C’est chose faite avec notre accord bouclé à 6h30 ce matin. », a déclaré l’eurodéputée belge en charge du dossier, Frédérique Ries. L’accord provisoire, trouvé mercredi 19 décembre après une nuit de discussions entre les négociateurs du Parlement et du Conseil, doit maintenant être officiellement approuvé par les deux institutions début 2019. « Après son approbation, la nouvelle directive sera publiée au Journal officiel de l’Union européenne et les États membres devront la transposer après deux ans », précise la Commission dans un communiqué.

« La nouvelle directive européenne sur le plastique à usage unique sera l’instrument juridique le plus ambitieux au niveau mondial pour lutter contre les déchets marins. », souligne-t-elle. Début 2021 au plus tard, certains produits en plastique à usage unique seront interdits s’il existe des alternatives sans plastique comme les bâtonnets de coton-tige, les couverts, assiettes, pailles, bâtonnets mélangeurs pour boissons et tiges pour ballons en plastique. Les produits en plastique oxodégradable et les emballages alimentaires et les récipients pour boissons élaborés à partir de polystyrène expansé sont aussi concernés. Pour d’autres produits, « il y a lieu avant tout de limiter leur utilisation par une réduction de la consommation au niveau national, des prescriptions en matière d’emballage et d’étiquetage et des obligatoires de gestion/nettoyage des déchets incombant aux fabricants ».

Une application renforcée du principe « pollueur-payeur »

L’accord provisoire prévoit également un objectif de collecte des bouteilles en plastique de 90 % d’ici 2029, et un objectif de 25% de contenu recyclé dans les bouteilles en plastique d’ici 2025, et de 30% d’ici 2030. Et ce n’est pas tout. L’accord renforce l’application du principe « pollueur-payeur », en introduisant notamment la « responsabilité élargie du producteur » (REP) pour les cigarettiers et les producteurs de matériel de pêche. Ils devront prendre en charge les coûts de la collecte des mégots et des filets de pêche abandonnés dans la nature.  Il prévoit aussi « un étiquetage obligatoire relatif à l’impact environnemental négatif pour les cigarettes à filtre plastique jetées dans la rue, ainsi que pour les autres produits tels que les gobelets en plastique, les lingettes humides et les articles hygiéniques », souligne le Parlement.

Son adoption apportera des avantages à la fois environnementaux et économiques. Selon l’eurodéputée belge Frédérique Ries, il permettra « de réduire la facture des dégâts environnementaux de 22 milliards d’euros, soit le coût estimé de la pollution aux plastiques en Europe jusqu’en 2030 », de faire « économiser 6,5 milliards d’euros aux consommateurs » et d’éviter « l’émission de 3,4 millions de tonnes équivalent CO2 ».

Justine Dupuy

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