Pourquoi Greta Thunberg et 15 autres jeunes attaquent la France en justice ?

Publié le 24 septembre 2019 à 11:44 Demain | 381 vues

Lundi 23 septembre, deux jours après la grande mobilisation mondiale pour la planète, et notamment à New-York qui n’avait jamais vu autant de jeunes déferlés dans ses rues, venus à l’occasion du premier sommet de la jeunesse sur le Climat organisé par l’ONU, 16 jeunes âgés de 8 à 17 ans lancent une action en justice contre 5 pays, dont la France, pour inaction contre le réchauffement climatique. Pourquoi ces pays ? Pourquoi l’attaque vient des jeunes ? Eléments de réponses.

Depuis 2005, un programme des Nations Unis pour l’Environnement (Unep) récompense les grands acteurs des secteurs public et privé et de la société civile qui oeuvrent pour la planète. Ainsi, Emmanuel Macron a reçu le prix du Champion de la Terre en septembre 2018 : « Emmanuel Macron a placé l’action pour le climat au sommet de sa politique étrangère» pouvait-on alors lire sur le site officiel de l’Unep.

Pourtant, un an plus tard seulement, à l’occasion du premier sommet de la jeunesse sur le Climat organisé par l’ONU le 21 septembre, la France est attaquée en justice, ainsi que 4 autres pays, pour inaction contre le réchauffement climatique. Cette action en justice, initiée par 16 jeunes de 12 nationalités différentes, dont l’emblématique suédoise de 16 ans Greta Thunberg, entre dans le cadre d’une plainte pour atteinte à la Convention de l’ONU sur les droits de l’Enfant.

Le droit des enfants de porter plainte  devant l’ONU

Depuis 2014, un protocole de l’ONU autorise tout enfant à porter plainte devant le Comité des droits de l’enfant, dès lors qu’il estime que ses droits sont bafoués. Quand une plainte est déposée, les membres de l’ONU se doivent alors de mener une enquête pour vérifier si la plainte est justifiée, puis d’émettre des recommandations aux Etats concernés par la plainte.

Pourquoi ces cinq pays en particulier, dont la France ?

Les cinq pays attaqués par la plainte sont la France, l’Allemagne, le Brésil, l’Argentine et la Turquie. Beaucoup se sont insurgés immédiatement contre cette liste qui ne mentionne même pas les plus gros états pollueurs que sont les Etats-Unis, la Chine ou encore l’Inde. La raison en est simple.

Il y a trente ans maintenant, de nombreux pays signaient le protocole définissant la Convention relative aux droits de l’Enfant. Charge ensuite à tous les signataires de respecter ce protocole. Or de gros états pollueurs comme les Etats-Unis n’ont jamais signé ce protocole, aussi ne peuvent-ils pas être attaqués parce qu’ils ne le respectent pas.

Une action pour rendre prioritaire l’urgence climatique

Les 16 jeunes signataires de cette attaque en justice sont accompagnés dans leur démarche par le cabinet international Hausfeld. Le motif principal de la plainte est l’inaction face aux risques du réchauffement climatique, alors même que ces pays sont parfaitement informés des risques depuis maintenant des décennies.

Il s’agit donc par cette action de mettre en avant des pays influents du G20 qui peuvent faire poids dans les discussions internationales pour que la question climatique fasse partie des sujets prioritaires.

Si la jeunesse mondiale est aujourd’hui de plus en plus impliquée pour faire bouger les grands dirigeants de ce monde, c’est bien parce qu’elle est la première concernée par l’avenir de la planète telle qu’on la connait aujourd’hui et qui est fortement compromis par l’action de l’Homme. Il est en effet temps de passer à la vitesse supérieure.

Pour en savoir plus :
– L’action en justice des 16 jeunes détaillée ici.
– Le comité des Droits de l’Enfant
– Le site du programme des Nations Unies Les Champions de la Terre

En vidéo ci-dessus : l’intervention de Greta Thunberg le 23 septembre 2019 au sommet de l’ONU

 

 

Eléonore Verdy

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