Problèmes avec le pressing : que faire ?

Publié le 20 septembre 2018 à 9:47 Aujourd'hui | 1512 vues

En allant retirer vos vêtements chez le teinturier, mauvaise surprise : la robe en soie est abîmée, la veste a rétréci. Pire, votre pull préféré a disparu. Le professionnel est-il responsable ? Quelle indemnisation ? On fait le point.

Dans notre garde-robe, nous avons tous des textiles délicats. Alors pour éviter de les abîmer, la meilleure solution est de les confier à un teinturier pour qu’ils soient lavés avec soin. Mais des accidents peuvent survenir : un col déchiré, un pantalon qui a rétréci, un pull perdu. Dans ces situations, sachez que vous pouvez exiger une indemnisation si la responsabilité du professionnel a été établie.

Lorsque vous donnez un vêtement, il faut savoir que le teinturier doit l’examiner et faire un constat de son état initial. Si le textile présente des défauts, comme l’absence de l’étiquette d’entretien, des boutons abîmés, un accroc, il peut faire des réserves (risques du nettoyage). Celles-ci doivent être inscrites sur votre ticket de dépôt, où doit aussi figurer la raison sociale du magasin, la date de remise de votre article, le nombre et la nature de votre textile ou encore le prix de la prestation. Ainsi, si le professionnel y avait noté des réserves, mentionnant par exemple un accroc préexistant, il peut s’exonérer de sa responsabilité. En revanche, il est présumé responsable s’il n’a pas émis de réserve. Toutefois, ce dernier peut prouver qu’il n’a commis aucune faute, que la détérioration du vêtement est due à une cause étrangère : défaut de fabrication, étiquette erronée, faute du client (mauvais entretien). « Si les recommandations d’entretien sont observées mais qu’un problème intervient (rétrécissement, dégorgement, décoloration), la responsabilité du vendeur ou du fabricant peut être engagé », rappelle par ailleurs sur son site l’Institut National de la Consommation (INC).

Concernant la perte d’un vêtement, le teinturier est présumé responsable. Il engage donc sa responsabilité, mais il peut cependant apporter la preuve qu’il n’a commis aucune faute et que cette perte est due à une cause « étrangère » qu’il ne pouvait prévoir.

En cas de litige, le professionnel peut faire appel à une expertise payante, réalisée souvent par le Centre technique de la teinturerie et du nettoyage. « Son avis pourra constituer une indication sur l’origine du dommage ». L’expertise est toutefois payante. « En principe, il ne vous appartient pas de supporter les frais d’expertise : puisque le teinturier est présumé responsable, il doit apporter la preuve qu’il n’a commis aucune faute », explique l’INC. S’il est reconnu non responsable, vous pourrez en revanche payer.

Réclamation et indemnisations

C’est au moment de retirer votre vêtement que vous devez contester et demander la rédaction d’un constat amiable, signé par vous et le professionnel. Si vous sortez du magasin, ce sera trop tard. Surtout, conservez bien le ticket de dépôt remis par votre teinturier. Il est la preuve de l’état de votre article à son dépôt. Sans lui, vous ne pourrez pas contester. Chiffrez ensuite votre préjudice en vous basant notamment sur les factures. Si vous n’avez pas conservé le ticket de caisse de votre jupe, par exemple, retournez chez le vendeur et demandez-lui une attestation concernant son prix. Sachez toutefois que vous ne serez pas indemnisé totalement. « Le montant de l’indemnisation des articles est calculé sur la base d’un barème auquel est appliqué un abattement en fonction de l’ancienneté de l’article (le dédommagement peut prendre pour base la valeur d’achat du vêtement diminué d’un coefficient de vétusté », précise l’Institut National de la Consommation. Si vous déposez un vêtement de grande valeur, il est donc fortement conseillé de le signaler sur le ticket. L’indemnisation sera de 80% pour un article acheté depuis moins de trois mois, de 60% pour un article acheté depuis moins de trente mois et de 30% au-delà. Le barème est généralement affiché en magasin. À noter qu’il peut aussi y avoir un préjudice moral (robe de mariée, souvenir d’un proche défunt). Vous pouvez demander la réparation en produisant des attestations et des témoignages.

En l’absence d’arrangement amiable, envoyez une lettre recommandée avec avis de réception dans laquelle vous préciserez les faits. À votre courrier, joignez une copie du ticket de dépôt et la copie de la facture d’achat de votre vêtement ou toute autre preuve. « Cette lettre a valeur de mise en demeure, et le teinturier doit respecter ses obligations ».

Si rien n’y fait, vous pouvez saisir le médiateur de la consommation désigné par votre teinturier. Votre pressing est sous franchise ? Vous pouvez saisir la commission de médiation franchise-consommateur. En cas d’échec, saisissez la justice. L’idéal sera toutefois de privilégier l’accord amiable car cette dernière solution engendre des frais, bien supérieurs au montant du vêtement abîmé.

 

Marine VAUTRIN

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