Qu’est-ce que le cannabidiol ?

Publié le 19 juillet 2018 à 18:35 Aujourd'hui | 853 vues

En spéculant sur un flou juridique, plusieurs coffe-shops se sont retrouvés dans le viseur de la justice pour avoir mis en vente des produits à base de cannabidiol (CBD), un composant du cannabis. Coup d’œil intrigué sur cette molécule ambiguë et en vogue, pour tirer cet imbroglio au clair.

Parmi les composés actifs du chanvre – cannabis en latin – se trouvent deux cannabinoïdes : le cannabidiol (CBD) et le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) : des substances chimiques qui activent les récepteurs du système nerveux central et d’autres organes. Et tandis que le THC a tendance à viser les récepteurs cérébraux, le CBD préfère le reste du corps ; pour cette raison, il n’est pas répertorié comme psychotrope – c’est-à-dire qu’il n’induit pas d’altération de la perception, de la sensation, de l’humeur ou de la conscience. Le THC, au contraire, est répertorié sur la liste des stupéfiants, et son utilisation dans le domaine médicale en France est on ne peut plus cadrée. Car en dosant correctement ces deux cannabinoïdes, il est possible de cibler de manière très précise les symptômes à soulager.
Pourtant, la réglementation française interdit de manière formelle toute production, détention ou emploi du cannabis. Ainsi, tout produit à base de cannabidiol extrait de chanvre est prohibé en France, à moins de répondre favorablement à la dérogation suivante : le produit se doit d’être exclusivement réservée à « l’industrie textile, automobile, dans les marchés du bâtiment, de la papeterie, de l’oisellerie et de la pêche, des cosmétiques, de l’alimentation humaine ou de jardinerie ». De cette façon, un produit débarrassé de qualités stupéfiantes (son taux ne doit pas excéder les 0,2% de teneur en THC) peut se voir autoriser à sa commercialisation ; c’est le cas d’e-liquides pour cigarettes électroniques, de cosmétiques ou de compléments alimentaires.

Les effets du cannabidiol

Il a été avéré que le CBD n’était pas susceptible de provoquer une dépendance, contrairement à son cousin le THC. Et bien que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tient à rester prudente sur la question, il a pu être remarqué dans le cadre d’études scientifiques que le CBD disposait de propriétés thérapeutiques parmi lesquelles des vertus anti-inflammatoires, anti-dépresseurs et anti-cancérigènes. Il pourrait même s’agir d’une piste sérieuse comme traitement des crises épileptiques et de la maladie d’Alzheimer.

Un flou juridique

Cela étant, il reste strictement interdit de présenter le CDB comme un anti-douleur ou un médicament ; les publicitaires qui s’y adonneraient s’exposeraient à de lourdes sanctions pour usage de faux et exercice illégal de la médecine.
De manière quelque peu paradoxal, le « cannabis thérapeutique » à destination des patients souffrants de sclérose en plaques et de cancers est maintenant autorisé en France. C’est le cas du Sativex, un médicament contenant du CBD – et du THC – en vente depuis 2014 dans 17 autres pays européens, mais qui reste en pharmacie – la raison invoquée par le ministère de la Santé serait « négociations sur le prix ». Une négociation qui fêtera bientôt ses noces de bois…

Yannis BENZAID

  1. A noter que le CBD et le cannabis en général fonctionne avec l’intégralité des molécules; cannabinoides, terpènes, phénols, estères, phénols, etc.. Environ 300 molécules travaillent ensemble pour l’efficacité établie: On appelle ça l’effet entourage.

  2. Merci pour ces informations qui peuvent faire évoluer la situation pour ce produit en France qui reste en retard par rapport aux autres pays européens.
    Que nos dirigeants puissent faire preuve de bienveillance serait un grand bénéfice pour la nation.

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