Ce qu’il faut savoir sur les États généraux de l’alimentation

Publié le 20 juillet 2017 à 12:11 Aujourd'hui | 741 vues

Les États généraux de l’alimentation commencent ce jeudi 20 juillet et ce, pour plusieurs mois. Les objectifs ? Mieux rémunérer les agriculteurs, tout en prônant une alimentation plus saine et durable. Le chantier qui s’ouvre aujourd’hui risque bien d’être compliqué. 

C’était l’une des promesses d’Emmanuel Macron : les États généraux de l’alimentation débutent ce jeudi 20 juillet à Paris, avec quelques jours de retard sur le calendrier annoncé par le président de la République. Autour de la table, le gouvernement a convoqué des centaines d’acteurs : ministères, ONG, syndicats, élus, experts, agriculteurs, multinationales et on en passe. La conférence sera ouverte par le Premier ministre, puis les ministres de l’Agriculture et de l’alimentation, des solidarités et de la Santé, de l’Économie et de la Finance ainsi que de la Transition écologique et solidaire. Quant au chef de l’État qui devait clore cette journée, celui-ci a finalement annulé sa venue. Au menu ? Relancer la création de valeur et en assurer l’équitable répartition, permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes, accompagner la transformation des modèles de production afin de répondre davantage aux attentes et aux besoins des consommateurs, et enfin promouvoir les choix de consommation privilégiant une alimentation saine, sûre et durable.

Le programme des États généraux de l’alimentation n’a donc rien à envier au cuisant échec du Grenelle de l’Environnement de 2007. Celui-ci s’était conclu sur cette célèbre phrase de Nicolas Sarkozy : « L’environnement, ça commence à bien faire ». Alors, est-ce que ces États généraux connaîtront-ils le même sort ? Car si chacun des acteurs impliqués convient qu’il faut changer le système, le risque d’un dialogue de sourds entre agriculteurs et distributeurs, acteurs institutionnels et multinationales n’est pas sans risque.

Vers une alimentation plus saine

Le plus dur reste à faire et la réflexion autour d’un nouveau modèle agricole reste à construire. En effet, l’agriculture menée de manière trop intensive est responsable de nombreux maux : pollutions des eaux et des sols, expositions aux pesticides, épuisement des ressources, destruction de la biodiversité ou encore les émissions de gaz à effet de serre. Et cette pollution a un coût ! En France, c’est 54 milliards d’euros par an qui sont déboursés. Les États généraux vont donc s’organiser autour de deux grands chantiers.

Répété maintes fois par Emmanuel Macron, « les agriculteurs doivent pouvoir vivre de leur travail ». Selon la Mutuelle sociale agricole, en 2016, un agriculteur sur deux a gagné moins de 354 euros par mois. Un chiffre dérangeant. C’est pour cela que le partage équitable de la valeur ajoutée des produits alimentaires entre agriculteurs, industriels de l’agroalimentaire et grande distribution sera au centre des attentions. D’ailleurs, les premières conclusions de ces travaux serviront aux négociations commerciales entre producteurs et la grande distribution qui se tiendront en octobre prochain. Mais ce dossier risque d’être lourd et complexe. « J’espère que d’ici septembre, concernant la répartition de la valeur, le ministre aura pu, provisoirement, apaiser les choses, pour qu’après on puisse avoir une conversation prolongée », indique Nicolas Hulot à l’AFP.

L’autre grand terme abordé sera la promotion d’une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous. Les acteurs prendront compte des contraintes de la mondialisation et du changement climatique. Mais cette phase de discussion ne débutera pas avant octobre et novembre. D’un autre côté, le gouvernement vient de lancer ce jeudi une consultation publique où les citoyens qui le souhaitent pourront s’exprimer. Les réponses seront ensuite récoltées et analysées au fur et à mesure de l’avancée des travaux qui se tiendront entre fin août et novembre.

Les ONG s’inquiètent

Les ONG saluent cette initiative de « mettre tous les acteurs autour de la table sur un thème qui suscite de fortes attentes », mais celles-ci s’inquiètent des débouchées de cette « grand-messe ». Dans une lettre adressée au président de la République, 41 associations ont appelé Emmanuel Macron à annoncer la tenue d’une « phase de négociation politique » à l’issue des deux chantiers, afin de trancher sur les « sujets transversaux ».  » Aboutir à un agenda des solutions ne sera pas suffisant. Il faut adopter des mesures claires et ambitieuses, assorties d’outils politiques et financiers, c’est-à-dire une feuille de route qui aille plus loin que les engagements du candidat Macron », précise Amandine Lebreton, directrice du pôle scientifique et technique à la Fondation pour la nature et l’homme, au journal Le Monde.

Les ONG déplorent l’absence de certains enjeux cruciaux, dont la santé environnementale, l’adaptation aux changements climatiques, la condition animale ou la préservation de l’environnement marin. « Il manque surtout un atelier pour décider vers quel horizon nous nous dirigeons », indique Cyrielle Denhartigh, responsable agriculture et alimentation au Réseau action climat. Quant à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), celle-ci espère « modifier de manière profonde et systématique » le modèle agricole et alimentaire français. Cela passe notamment par la diminution de la consommation des protéines animales et la quasi-suppression des engrais et des pesticides. Espérons que l’agriculture et l’environnement puissent être réconciliés dans le futur.

Alice Glaz

Surprise

Perpète : quand le prêt-à-porter pour enfant pense à la planète

> Toutes les vidéos

Rappel de produit

> Tous les rappels de produit

Sur le même thème