Rainett et Surfrider en guerre contre les microplastiques

Publié le 26 juin 2017 à 17:30 Aujourd'hui | 2463 vues

La marque allemande Rainett a présenté ce lundi 26 juin, lors d’une conférence de presse, ses actions afin de lutter contre la pollution des océans. Au programme : réduction de l’utilisation de l’huile de palme et des produits toujours plus sains pour l’environnement.

« L’océan est notre avenir », c’est le slogan choisi cette année par l’ONU à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Océan. Les déchets aquatiques sont l’ennemi numéro 1 des océans, et notamment le plastique. Celui-ci représente 80% des déchets présents dans les mers. Chaque année, c’est plus de huit millions de tonnes de plastique qui sont déversés. Selon la Fondation Ellen MacArthur, si rien n’est fait, d’ici 2050 les océans pourraient contenir, en poids, davantage de déchets plastiques que de poissons… À noter que 80% des déchets plastiques et microplastiques proviennent de l’intérieur des terres, 10% d’entre eux sont abandonnés sur les rivages et les 10% restant sont directement jetés en mer.

De plus en plus de marques s’investissent pour lutter contre cette pollution. Comme Head & Shoulders, qui au début du mois a dévoilé sa première bouteille en plastique recyclé. C’est aussi le cas de la marque allemande Rainett, numéro un en Europe sur les produits d’entretien ménager écologiques labellisés Ecolabel, qui s’est associée à l’association Surfrider. Celle-ci a pour but la défense, la sauvegarde, la mise en valeur et la gestion durable de l’océan, du littoral, des vagues et de la population qui en jouit. Ensemble, les deux partenaires ont décidé de mettre en place des actions concrètes et diminuer le taux de déchets plastiques. La guerre aux microplastiques est déclarée.

Les microplastiques : qu’est-ce que c’est ?

La définition de microplastique intègre toutes les particules dont la taille est comprise entre 100 nm et 5 mm. La plupart de ces petits composants proviennent de la dégradation par le milieu océanique ou les UV, mais d’autres viennent directement des formules des produits rinçables. Ces particules sont non solubles, et la plupart du temps, ne sont pas arrêtées au niveau des stations d’épuration. Celles-ci sont issues de la dégradation des débris plastiques et surtout de nombreux produits de consommation courante, comme les cosmétiques et les produits d’entretien. Selon une étude publiée en 2015, plus de 8000 milliards de microbilles s’invitent dans les habitats aquatiques chaque jour. D’ailleurs, ces microplastiques servent de moyen de transport aux métaux lourds et à de nombreuses bactéries, avant d’intégrer la chaîne alimentaire marine… Produits qui se retrouveront à un moment dans nos assiettes.

Utiliser des produits moins nocifs

Rainett a bien compris que l’impact d’un produit ne se résume pas qu’à son emballage. C’est pour cela que la formule des produits d’entretien fait l’objet d’une attention méticuleuse. Les produits utilisés sont issus de l’agriculture biologique et sont biodégradables. Certains ont même été conçus pour se transformer en engrais une fois dans la nature. L’entreprise n’utilise que des produits qui sont le résultat du surplus de l’agriculture. Ainsi, l’huile de palme est remplacée par l’huile de colza, ou les résidus d’huile d’olive. 50% des produits Rainett contiennent des tensioactifs à base d’huiles végétales issues des champs européens, et ce n’est pas tout ! Depuis 2016, Rainett a supprimé tous les polymères synthétiques insolubles de ses produits. L’aspect nacré de certains produits, comme le liquide vaisselle ou les lessives, est apporté par des esters végétaux issus de cultures oléagineuses. De même que l’aspect opaque de certains nettoyants est assuré par l’intégration de microperles de cire végétale de carnauba.

Malheureusement, ces process de changement de formules sont longs et demandent une mobilisation intense des équipes afin de préserver la stabilité des formules et surtout, leur efficacité. Car le crédo de la marque c’est de faire des produits sains pour notre environnement, mais qui sont surtout performants pour les tâches quotidiennes. « Chez Rainett, nous ne pensons pas que ces petits gestes sont une goutte d’eau dans la mer. Au contraire, pour nous les petites rivières font les grands fleuves ! Il est de notre responsabilité, en tant qu’industriel et marque grand public de montrer l’exemple. C’est pour cela que l’entreprise s’embarque aujourd’hui dans la protection des océans », s’exclame Benoît Renauld, directeur général W&M France Benelux.

Les microbilles bientôt interdites en France

En France, suite à la loi sur la Biodiversité, les microbilles seront interdites dans les produits cosmétiques à partir de janvier 2018. Une petite victoire qui intervient plutôt tard. Les États-Unis ont interdit les microbilles de plastique il y a déjà trois ans… Et ce ne sont pas les seuls. Bien que les produits cosmétiques, notamment ceux de gommages soient pointés du doigt pour leur teneur en polyéthylène, d’autres microplastiques bien plus petits entrent dans la composition de produits de consommation courante.

Préparés à cette interdiction, plusieurs grands groupes ont pris leurs dispositions. C’est le cas de L’Oréal, Johnson et Johnson ainsi que la marque Colgate-Palmolive. Ceux-ci sont encouragés à remplacer les microbilles par « des particules d’origine naturelle non susceptible de subsister dans les milieux, d’y propager des principes actifs chimiques ou biologiques ou d’affecter les chaînes trophiques animales ». À savoir que pour vérifier la teneur en microbilles de plastique d’un produit, la fondation Surfrider a développé une application spécifique destinée aux consommateurs. Celle-ci est disponible ici.

Alice Glaz

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