Des routes chauffantes pour dégivrer les chaussées

Publié le 17 octobre 2017 à 15:24 Demain | 1212 vues

Eurovia, une filiale du groupe Vinci vient de dévoiler, lundi 16 octobre 2017, son projet de route chauffante. Le but : dégivrer les voix enneigées et fournir de l’énergie à des bâtiments résidentiels. 

Tout est parti d’un constat tout bête : en plein été le goudron absorbe énormément la chaleur et les températures des routes peuvent atteindre, et même dépasser, les 60°C. Or cette source de chaleur n’était pas exploitée. C’est désormais de l’histoire ancienne avec les « power road » d’Eurovia. Lundi 16 octobre 2017, la filiale du géant de la construction d’infrastructures de transport et d’aménagements urbains, Vinci, a présenté son projet de routes intelligentes pouvant capter jusqu’à 20% de la chaleur du soleil afin de faire fondre jusqu’à 10 cm de neige en quelques heures. L’énergie captée par ces routes va également permettre de chauffer des bâtiments résidentiels, des immeubles de bureaux ou encore des équipements publics comme des piscines.

Déneiger et déverglacer les voiries

Le principe de ces « power road » est simple. En été, la chaleur est captée en surface et permet de refroidir la chaussée. En hiver, cette énergie va être utilisée « pour déneiger et déverglacer les voiries ou pistes d’aéroports en réduisant les interventions de salage ». Pour l’heure, seules deux portions de routes expérimentent ce procédé depuis juillet 2017. Dans les Yvelines, 500 m de « power road » ont été installés sur une voie d’accès au parking de la gare de péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines, sur l’autoroute A10. Dans le Doubs, c’est un lycée de Pontarlier qui a eu la chance de voir débarquer ces nouvelles routes. « Avec Power Road, la route reste une vraie route mais joue un rôle nouveau dans la transition vers une économie décarbonée car, pour la première fois, en stockant la chaleur, on déphase dans le temps la production et la consommation d’une énergie renouvelable », déclare Pierre Anjolras, président d’Eurovia, dans un communiqué.

Ces portions de routes chauffantes sont réalisées grâce à un système de tubes placés sous la chaussée. Ces derniers captent la chaleur du soleil qui se reflète sur le goudron. L’énergie est ensuite stockée dans un autre réseau de tubes. En hiver, un système de pompe à chaleur va permettre de relâcher la chaleur accumulée l’été. Ces « power road » ne sont pas seulement une avancée en matière d’énergie mais également pour l’environnement. Les tubes enfouis sous terre sont « intégralement recyclables ». « Sa mise en oeuvre est compatible avec les solutions environnementales éprouvées développées par Eurovia », explique le communiqué. Concernant le montant, aucune information précise n’a été relayé par l’entreprise. « Il n’y a pas de prix fixe à une route, cela dépend de la zone géographique, de la surface totale, des particularités, etc », explique l’entreprise. Cependant elle précise que « le prix moyen est de 250€ le mètre carré ».

Des routes intelligentes déjà expérimentées

Le principe de routes intelligentes n’est pas récent. L’an dernier, dans le Tarn, 800 m de routes chauffantes ont été crées dans le secteur routier de Lacaune. Une première en France. Ce procédé a eu lieu grâce à « des cordons chauffants espacés d’une dizaine de centimètres », rapporte La DépècheIci le but était de réduire le nombre d’accidents sur cette route, « réputée dangereuse ». La même année, l’ancienne ministre de l’Environnement, Ségolène Royal a inauguré la toute première route solaire au monde à Tourouvre-au-Perche (Orne). Cette route d’un kilomètre, recouverte de panneaux solaires, doit permettre de produire assez d’énergie pour fournir une ville de 5 000 habitants. Ces deux procédés ont un coût, comptez 150 000 euros pour la route chauffante du Tarn et 5 millions d’euros pour la route solaire.

 

Marie Bascoulergue

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