Smecta « fraise », Efferalgan « capuccino »… : les médicaments aromatisés toxiques ?

Publié le 17 août 2016 à 11:14 Aujourd'hui | 1191 vues

Des médicaments aromatisés en commercialisation libre font l’objet d’une requête de la députée Michèle Delaunay auprès de Marisol Touraine, la ministre de la Santé. En effet, celle-ci demande une attention particulière sur ces produits dont la saveur agréable peut induire, chez les enfants notamment, une « surconsommation et une réelle toxicité ».

Efferalgan « capuccino », Fervex « framboise », Smecta « fraise »… Depuis plusieurs mois déjà, des médicaments pour enfants (mais aussi pour adultes), délivrés sans ordonnance, sont disponibles en plusieurs saveurs pour apporter un goût agréable en bouche. Michèle Delaunay, députée PS de Gironde, a alerté sur les risques de ces produits aromatisés. Car s’il est « pertinent » d’en donner aux plus jeunes pour faciliter leur traitement, « il n’est en revanche pas souhaitable que des médicaments pour enfants et adultes deviennent un produit de consommation marketing avec un choix de goûts et de saveurs innovants et à la carte », a-t-elle expliqué dans une lettre adressée à la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Des médicaments pour séduire les consommateurs

Michèle Delaunay demande aux industriels d’arrêter de développer ces produits « qui ont pour seul objet de séduire des consommateurs en dehors du seul effet thérapeutique ». Elle met en garde contre une « banalisation » de ces médicaments aromatisés qui peuvent entraîner une surconsommation. Selon elle, « les médicaments sont bénéfiques pour leurs effets thérapeutiques » donc les emballages attractifs doivent rester sobres : « le marketing ne doit pas renvoyer au goût du produit ».

De plus, leur facilité d’accès en pharmacie peut constituer un véritable danger de consommation excessive, surtout quand la dose ou les indications ne sont pas respectées. La députée donne l’exemple du paracétamol qui, lorsqu’il est absorbé exagérément, risque de « bloquer les capacités du foie à métaboliser un médicament associé » et provoquer des « dégâts hépatiques aigus ».

Michèle Delaunay attend que des mesures soient prises par le gouvernement pour « éviter des effets iatrogènes liés à une surconsommation indue ». Elle se saisira, par ailleurs, de la question dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2017, dont elle est la Rapporteure.

Raphaël BESNARD

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