Soja : la fin des trente glorieuses ?

Publié le 28 mai 2019 à 18:00 Aujourd'hui | 501 vues

Depuis les années 1980, le soja est devenu l’aliment de prédilection de la nourriture saine. Si les effets bénéfiques de cet aliment se révèle de moins en moins probants, il semblerait que les points négatifs commencent à être évalués.

Dans le domaine de la nourriture « saine », le soja est roi et il semble que l’on puisse presque tout remplacer dans notre alimentation par ses dérivés. Sojaxa, association de promotion du soja, estimait en 2017 que 60 % des Français avait consommé des aliments à base de soja, un chiffre en augmentation de 49 % en trois ans. UFC-Que choisir s’est pourtant penché sur la question des phytoestrogènes, un perturbateur endocrinien, présent dans le soja par l’intermédiaire des isoflavones. L’association de consommateurs a conclu en la nécessité d’une saisine de l’ANSES pour réévaluer son seuil de risque pour les consommateurs et de la DGCCRF pour mettre en place une obligation d’afficher les teneurs en phytoestrogènes.

Alors que l’ANSES ( agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) place déjà une limite de consommation des produits à base de soja, l’association de défense des consommateurs la revoit encore à la baisse jugeant de concert avec l’ANSES que la limite n’est pas assez protectrice. Dès lors, en prenant l’exemple d’une portion de 100g de tofu nature, l’association estime qu’une telle portion se révèle 2 fois plus élevée que l’apport maximal en isoflavone pour un enfant, 3 fois pour une tasse de jus de soja  de 25 cl, 1 fois et demi pour un adulte.

Un aliment à double tranchant

UFC-Que choisir a par ailleurs mesuré la présence d’isoflavone vecteur de phytoestrogènes dans 55 produits contenant du soja à des taux pouvant fortement varier. En haut de la liste des produits concentrés en isoflavones, les apéritifs qui contiennent en moyenne pour des sachets de 28 à 43 g de 52 mg à 108 mg d’isoflavones. En d’autres termes le double ou le quadruple du seuil critique d’apport pour un adulte.

La mode de la consommation de soja a commencé dans les années 1980 après des études sur les populations asiatiques consommatrices depuis des temps immémoriaux de la plante. Observant la moins grande exposition de ces populations aux maladies cardiovasculaires, aux problèmes liés à la ménopause ou aux cancers du sein et de la prostate, les chercheurs ont notamment prêté ces effets bénéfiques au soja. Ce n’est qu’en 2005 que l’ANSES met en évidence les effets au contraire plutôt néfastes du soja en revoyant clairement à la baisse les effets bénéfiques qui depuis n’ont cessé d’être remis en cause. En revanche, il semblerait que les phytoestrogènes pourraient allonger la durée des règles dans le cas d’une consommation trop élevée en bas âge et aurait des effets négatifs sur les enfants atteints d’hypothyroïdie. Pour s’y retrouver UFC-Que choisir a dressé un tableau très lisible des aliments à base de soja. 

Liens utiles :
Tableau UFC-Que choisir 

 

Martin Dawance

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