Soldes : quand l’environnement passe à la caisse

Publié le 11 janvier 2017 à 14:01 Aujourd'hui | 1077 vues

Les soldes d’hiver ont débuté ce mercredi 11 janvier. Nombreux seront ceux à ne pas résister à l’appel des bonnes affaires. Mais ces frénésies d’achats ne sont pas sans conséquence pour la planète, alerte Greenpeace.

Depuis 8h ce matin, le coup d’envoi des soldes a été donné. Et comme chaque année, on assiste aux mêmes scènes d’hystérie à l’ouverture des magasins. Et il y a de quoi, les rabais sont plus qu’alléchants. Pendant les soldes, on est ainsi poussé par l’envie de tout acheter, même des affaires dont on n’a pas vraiment besoin et ce, malgré le budget que l’on s’était fixé. Les prix sont tellement attractifs que l’on se dit que ce serait dommage de passer à côté d’une chemise ou d’une paire de chaussures à -50%. Reste que ces achats, souvent inutiles (admettons-le), ne sont pas seulement mauvais pour votre porte-monnaie. Ils le sont aussi pour l’environnement. La surconsommation effrénée de vêtements est, selon Greenpeace, une source de pollution pour la planète.

En cause, le « fast-fashion », un concept prôné par de nombreuses enseignes qui consiste à renouveler constamment les collections et qui nous pousse, évidemment, à acheter davantage. « Avec l’avènement de la « fast fashion » ou « mode jetable », nous achetons et jetons les vêtements plus vite que la planète ne peut le supporter », alerte l’ONG. Par rapport au début des années 2000, on achète deux fois plus de vêtements et on s’en débarrasse deux fois plus vite. Et c’est l’environnement qui trinque.

Des impacts dévastateurs

Dans le cadre de sa campagne « Detox », lancée en 2011 et visant à lutter contre l’utilisation de produits chimiques toxiques par l’industrie textile, Greenpeace dénonçait déjà les impacts de ce secteur sur l’environnement : « utilisation d’importantes quantités d’eau potable et d’énergie, consommation de pesticides pour la culture du coton, pollution des rivières et des terres agricoles, émissions de gaz à effet de serre et contamination des endroits les plus reculés de la planète. Sans parler des conditions de travail inhumaines infligées aux ouvriers du secteur textile, principalement dans les pays en développement », indique-t-elle.

Le boom du synthétique est particulièrement problématique, notamment du polyester qui émet près de trois fois plus de CO2 que le coton. « Déjà présent dans 60% de nos vêtements, le polyester peut mettre plusieurs décennies à se dégrader et pollue l’environnement marin avec des microfibres de plastique », souligne  l’ONG.

D’après les chiffres de Greenpeace, « sur les 1,5 à 2 millions de tonnes de vêtements usés données au recyclage chaque année en Europe, seuls 10 à 12% sont revendus ou réutilisés sur le continent ». Le reste est exporté vers des pays en développement, notamment en Afrique où les décharges croulent sous nos vêtements usés et de mauvaise qualité. Certains pays « envisagent d’en restreindre l’importation pour protéger leurs marchés locaux », souligne Greenpeace.

Acheter moins mais mieux

Pendant les soldes, demandons-nous alors si la chemise à -50% est vraiment nécessaire, si nous avons vraiment besoin d’un énième jean dans notre placard. « Si vous comptez réaliser de bonnes affaires, pensez que c’est avant tout l’environnement qui va passer à la caisse », met en garde Greenpeace. Pour l’ONG, « il est temps de repenser nos modes de consommation pour acheter moins mais mieux, porter nos vêtements plus longtemps, en prendre davantage soin, les repriser au besoin ou les échanger avec nos amis ». Une habitude que l’on devrait d’ailleurs prendre tout au long de l’année.

Disons adieu au « fast fashion » et bonjour au « slow fashion ». La planète nous remerciera.

Marine VAUTRIN

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