Spanghero : retour sur un scandale alimentaire

Publié le 22 janvier 2019 à 16:13 Aujourd'hui | 661 vues

Le procès de quatre hommes impliqués dans « l’affaire Spanghero » ou « Findus »  a débuté, lundi 21 janvier au tribunal correctionnel de Paris et devrait se terminer le 13  février. L’instruction doit déterminer la responsabilité de chacun des prévenus dont les versions divergent. Retrouvez le bilan de l’affaire dans l’infographie à la suite de l’article 

L’affaire avait fait grand bruit début 2013, lorsque les autorités sanitaires britanniques et irlandaises avaient décelé de la viande de cheval dans des steaks hachés certifiés « pur bœuf » dans les enseignes LidlAldi et Tesco (n°1 de la grande distribution en Grande-Bretagne). Le scandale prit rapidement de l’ampleur et créa un climat de soupçon chez les entreprises européennes du secteur, dont Findus. Tout commence quand l’entreprise norvégienne est prévenue par Comigel, sous-traitant et fabricant de plats surgelés français, que sa filiale de viande Tavola lui a fourni une viande en provenance d’une usine roumaine produisant du bœuf, mais aussi du cheval. 

C’est ici que le flou de la responsabilité s’installe entre l’entreprise française de transformation de viande Spanghero et la société hollandaise Draap Trading, les deux entités qui faisaient alors la jonction entre l’usine roumaine et Tavola. La certification « pur bœuf » reste en revanche imputable à Spanghero. 

Deux Français sont impliqués dans l’affaire mais aussi deux traders de viande hollandais déjà condamnés en 2012 pour des faits très similaires.

Un scandale d’ampleur européenne

Comigel, sous-traitant notamment de Findus, fournit plus de 28 entreprises dont Picard, Carrefour, Auchan et Monoprix, dans 13 pays différents. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) estime qu’environ 750 tonnes de cette viande ont été produites dans l’usine Spanghero dont 550 tonnes ont été livrées à Tavola pour une production de 4,5 millions de plats cuisinés, principalement des lasagnes.

 Le reste de cette production (200 tonnes) demeure intraçable posant la question de l’opacité du circuit de la viande en Europe. En 2017, une directive européenne devait permettre d’encadrer plus fermement ce circuit en obligeant l’étiquetage de produits contenant plus de 8 % de viande. UFC que choisir a pourtant relevé, dans un test rassemblant 269 produits, que seul 58 % d’entre eux affichait clairement la provenance de leur viande.

4 prévenus

Ce sont donc 4 hommes qui se présentent ce lundi 21 janvier 2019 devant le tribunal correctionnel de Paris :

  • Jacques Poujol, ancien dirigeant de Spanghero
  • Patrice Monguillonn, directeur de l’usine Tavola
  • Johannes Fasen et Hans Windmeijer, deux négociants de viande hollandais.

L’enjeu du procès sera de faire la lumière sur la connaissance de la marchandise de chacun des prévenus à l’époque. Pour le juge en charge de l’affaire, il s’agirait d’une collusion entre Jacques Poujol et Johannes Fasen. Les quatre hommes impliqués risquent jusqu’à 10 ans d’emprisonnement pour tromperie sur marchandise, faux et usage de faux et escroquerie en bande organisée.

Scandale Spanghero : une ampleur européenne.

Infographie : Manon Denys

Martin Dawance

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