Tout comprendre aux labels Oeko-Tex

Publié le 18 décembre 2018 à 10:07 Aujourd'hui | 1090 vues

Standard 100 by Oeko-Tex, Made in Green by Oeko-Tex… Ces labels fleurissent sur les étiquettes de nos textiles. Mais que garantissent-ils exactement ? Réponse Conso fait le point.  

Oeko-Tex est une association internationale qui regroupe 18 instituts de recherche et d’essais sur les textiles en Europe et au Japon. Elle a développé plusieurs certifications destinées aux consommateurs qui souhaitent consommer de manière plus responsable, mais aussi aux marques qui souhaitent maîtriser toute leur chaîne de production. Standard 100, Made in Green, Leather Standard, STeP… Décryptage des différents labels Oeko-Tex.

Standard 100 by Oeko-Tex

Lancé par Oeko-Tex en 1992, le label Standard 100 by Oeko-Tex est présent sur de plus en plus d’articles de grandes marques comme Princesse Tam-Tam, Petit Bateau et Vertbaudet. Les sociétés n’hésitent plus l’inscrire sur les étiquettes de leurs produits ou à l’afficher sur leur site Internet. Ce qu’il garantit ? La non-nocivité des textiles. En clair, il certifie que le vêtement, de par sa composition, ne présente aucun danger pour la santé.

Ici, tous les éléments du produit, du fil de couture à la matière extérieure en passant par les mousses de remplissage ou encore les finitions, sont passés au crible. Ils doivent respecter les critères de contrôle (plus de 100). La liste de ces critères « ne se focalise pas uniquement sur les paramètres de protection de la santé ou sur les substances réglementées et interdites par la loi d’un pays », explique Oeko-Tex, mais intègre également d’autres paramètres comme le PH doux pour la peau, la stabilité et la solidité des couleurs. Sont également contrôlées les substances controversées, celles que l’on sait nocives pour la santé mais pour lesquelles il n’existe pas encore de réglementation. Au total, plus de 300 substances sont analysées. Mais attention, un textile labellisé Standard 100 n’est pas exempt à 100 % de produits nocifs. Ces derniers peuvent être présents dans le vêtement « mais à des quantités très infimes ».  Ils ne présentent aucun danger pour la santé. Chaque année, en fonction des découvertes et avancées scientifiques, une trentaine de nouvelles substances sont prises en compte. Pour l’heure, le glyphosate n’est pas intégré mais fait partie de la « Watch List » d’Oeko-Tex. La substance est particulièrement étudiée et surveillée.

Comment se déroule la certification ? L’entreprise qui souhaite certifier un article doit adresser à l’un des instituts membres d’Oeko-Tex un dossier de certification. Il en existe 18 à travers le monde. En France, il s’agit de l’IFTH (Institut Français du Textile et de l’Habillement) basé à Lyon. Il est le seul institut en France habilité à traiter les demandes de certification. Ce dernier effectue les tests en laboratoire sur des échantillons représentatifs des matériaux qui lui ont été envoyés. Le textile est contrôlé dans le cadre d’une méthode dite du « cas le pire » (worst-case) définie selon le catalogue de critères d’Oeko-Tex. Les articles testés sont par exemple « ceux dont le revêtement est le plus épais, la coloration la plus foncée ou la quantité d’ennoblissement la plus importante ». Si les résultats sont conformes aux exigences, le certificat est édité et « le  demandeur s’engage à garantir que les produits soient identiques aux échantillons testés ». Le label est valable un an. Rapidement, un audit de l’entreprise a lieu. Il est ensuite réalisé tous les trois ans en cas de renouvellement de la certification. Et ce n’est pas tout. Des contrôles sont ensuite effectués de façon aléatoire dans le commerce. Des produits labellisés sont ainsi achetés dans des magasins pour être testés. Une bonne façon de s’assurer que les échantillons envoyés pour la certification ne sont pas différents de ceux commercialisés. Des auditeurs se rendent également directement sur les sites de production pour procéder à des contrôles et des prélèvements.

Le label Standard 100 différencie quatre classes de produits : du plus près au plus loin de la peau. Plus le contact d’un textile avec la peau est intensif et plus la peau est sensible, plus les exigences antiallergiques devront être respectées.

  • La classe I (la plus stricte) concerne les articles à destination des enfants de moins de 3 ans ;
  • La classe II pour les articles qui sont en contact avec la peau (sous-vêtements, linge de lit, tee-shirts) ;
  • La classe III pour les articles qui ne sont pas en contact avec la peau (manteaux, vestes) ;
  • La classe IV pour les matériaux d’équipement (rideaux, nappes, revêtements de meubles capitonnés).

Le label Standard 100 by Oeko-Tex est un bon repère pour les consommateurs. Sur les produits labellisés, ils peuvent d’ailleurs retrouver un numéro de certification. Celui-ci peut être vérifié sur le site d’Oeko-Tex. Il suffit d’entrer le numéro et de voir si la certification est toujours valable ou existante.

Made in Green by Oeko-Tex

Porter des vêtements non nocifs, c’est bien. Mais porter des vêtements qui ont été fabriqués dans le respect de l’environnement et de l’Homme, c’est encore mieux. C’est ce que certifie le label Made in Green by Oeko-Tex. Très exigeant, celui-ci combine les certifications Standard 100 et STeP. Cette dernière est attribuée aux entreprises qui ont des procédés respectueux de l’environnement et des conditions de travail sûres et socialement responsables. Pour obtenir le label Made in Green, au moins 85 % des composants du textile doivent provenir de sites de production certifiés STeP. Les produits doivent aussi être certifiés selon le Standard 100. Avec ce label, les consommateurs sont ainsi certains de porter des textiles non toxiques, non élaborés par des enfants, et dont la fabrication a eu un impact limité sur l’environnement. Made in Green fait d’ailleurs partie des labels recommandés par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) pour les textiles.

À noter que tous les articles portant le label Made in Green possèdent une référence de produit unique et/ou un code QR qui permettent de tracer leur production. « Chaque référence de produit donne une visibilité sur les différentes étapes de production ainsi que sur les pays dans lesquels les textiles ont été fabriqués », explique Oeko-Tex.

Attention ! Les labels Standard 100 et Made in Green ne doivent pas être confondus avec les labels bio. Ils ne garantissent en aucun cas que les fibres utilisées sont biologiques. L’association Oeko-Tex compte toutefois développer un label spécifique. Celui-ci est à l’étude depuis avril 2018.

Leather Standard by Oeko-Tex

On le trouve sur les produits en cuir. Le label Leather Standard by Oeko-Tex garantit la non-nocivité du cuir. Ici aussi les substances toxiques, définies dans le cahier des charges, sont passées au crible.

Les certifications STeP, Eco Passeport et Detox to Zero

Standard 100, Made in Green et Leather Standard sont les trois labels d’Oeko-Tex à destination des consommateurs. Mais il faut savoir que l’association a aussi développé trois autres certifications pour les marques : STeP, Eco Passeport et Detox to Zero.

  • La certification STeP est attribuée aux acteurs de la filière textile qui ont des procédés de fabrication respectueux de l’environnement et des conditions de travail sûres et socialement responsables. Grâce à cette certification, les marques peuvent rechercher et choisir des fournisseurs qui répondent à leurs exigences. Comme expliqué précédemment, il est intégré dans le label Made in Green. Oeko-Tex a aussi développé MySTeP, une base de données en ligne, qui permet aux producteurs, marques et distributeurs d’obtenir un « mapping » de leur chaîne de production.

  • La certification Eco Passeport pour les produits chimiques impliqués dans le traitement des textiles. Les fournisseurs apportent la preuve que leurs produits et composés chimiques (colorants, additifs, encres, agents de finition, détergents) peuvent être utilisés dans une production textile durable.

  • La certification Detox to Zero. En juillet 2011, Greenpeace lançait sa campagne « Detox » contre l’utilisation de produits chimiques toxiques par l’industrie textile. Une démarche qu’Oeko-Tex soutient. Elle a mis au point un système d’audit destiné aux fabricants qui souhaitent se mettre en conformité avec les exigences élevées de l’ONG. Il permet aux fabricants d’évaluer leurs systèmes de gestion des produits chimiques et la qualité de leurs eaux usées et de leurs boues d’épuration. Contrairement à STeP, la certification Detox to Zero ne concerne pas les conditions de travail mais uniquement le côté environnemental.

Pour comprendre les labels et certifications Oeko-Tex : 

Infographie Oeko-Tex

Marine VAUTRIN

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