Trois îles du Finistère se lancent dans les énergies 100% renouvelables

Publié le 19 septembre 2016 à 10:15 Demain | 1038 vues

Les îles de Molène, Ouessant et Sein, situées au large du département du Finistère, se sont lancées dans un ambitieux programme de transition énergétique. L’objectif ? Être totalement alimentées en énergies renouvelables à l’horizon 2030.

 « Nous lançons aujourd’hui le processus de transition énergétique » sur les trois îles, a annoncé Daniel Masson, le maire de Molène, lors de la présentation du programme environnemental de l’Association des îles du Ponant (AIP) (ensemble des îles de la côte Atlantique et de la Manche), au début du mois de septembre. En effet, d’ici 2030, les îles de Molène, Ouessant et Sein visent un objectif de production de 100% d’énergies renouvelables. Un programme unique soutenu par la région Bretagne et l’État.

Exit les centrales au fioul polluantes

Pour y parvenir, les trois îles comptent notamment sur l’installation d’éoliennes, d’hydroliennes et de panneaux photovoltaïques. Les municipalités envisagent également d’augmenter les performances énergétiques des bâtiments déjà existants, de moderniser l’éclairage public, de réduire les consommations énergétiques dans l’habitat privé, d’installer des bornes de recharge autonomes pour les véhicules électriques ou encore de promouvoir l’élevage de poules pour réduire les déchets ménagers. Des ampoules à LED seront aussi distribuées gratuitement aux habitants des îles.

Actuellement, les trois îles, non interconnectées au réseau électrique national, sont alimentées par des centrales au fioul. Une énergie très polluante, car ici, les émissions de gaz à effet de serre sont 13 fois plus élevées que dans le reste de la France : un kilowattheure produit 770 g de CO2, contre 61 g sur le continent. Ouessant bénéficie, elle, d’un mix énergétique, fioul et énergies renouvelables, grâce à l’hydrolienne de la PME Sabella, une machine qui transforme l’énergie du courant du passage du Fromveur en électricité. Cette dernière a d’ailleurs déjà fait ses preuves puisque pendant près d’un an, elle a fourni de l’électricité sur l’île. Sortie de l’eau en juillet dernier, l’hydrolienne devrait être à nouveau immergée à l’automne. À terme, la PME prévoit l’implantation d’une ferme pilote dans le courant du Fromveur.

Plusieurs projets ont déjà été réalisés ou sont en cours, indique La Croix. À Sein, par exemple, des panneaux photovoltaïques ont été posés sur des bâtiments publics et devraient être raccordés prochainement. Une éolienne est également prévue près du phare. Le hic ? Le site est classé Natura 2000. Pour obtenir le permis de construire, la municipalité espère une modification de la réglementation. À Molène, d’anciennes cabanes de goémoniers, situées sur l’ilot de Ledenez, seront également réhabilitées en refuges pour vacanciers (comme celles à la montagne) et seront totalement autonomes au niveau énergétique.

« Il faudra coller les horaires des marées sur les machines à laver ! »

Outre les installations, la réussite du projet passera également par les habitants qui devront changer leurs habitudes de consommation, en fonction de la production des énergies renouvelables. « On peut imaginer que les chauffe-eau se déclenchent quand l’hydrolienne Sabella, immergée entre Ouessant et Molène, tourne, ou lorsque le soleil permet aux générateurs photovoltaïques de produire suffisamment », explique Denis Bredin, directeur de l’Association des îles du Ponant, au quotidien La Croix. « Bientôt, il faudra coller les horaires des marées sur les machines à laver ! », rétorque avec humour le maire d’Ouessant, Denis Palluel.

À terme, le programme devrait s’étendre à 12 autres îles réunies au sein de l’AIP.

Marine VAUTRIN

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