Une fraude aux kiwis décelée par les autorités de la concurrence

Publié le 25 mars 2019 à 14:21 Aujourd'hui | 458 vues

La répression des fraudes et Le Parisien révèlent un scandale alimentaire concernant la production de kiwis en 2018 vendus sous pavillon français alors que pour 12 % d’entre eux, il s’agirait de produits italiens.

Probablement l’un des fruits préférés des Français à raison de 3 kg par an et par ménage, le kiwi fait l’objet d’un scandale phytosanitaire de grande ampleur. La DGCCRF* fait état dans son bilan annuel publié ce lundi d’une fraude ayant rapporté à sept entreprises un bénéfice de 6 millions d’euros. 15 000 tonnes de kiwis dits d’origine française seraient en fait italiens.

Quel intérêt de faire passer des kiwis italiens pour français ? Les consommateurs sont prêts à débourser plus d’argent pour un produit cultivé en France même s’il est moins concurrentiel que son concurrent italien. Le kiwi Italien se vend à 50 centimes l’unité contre 70 centimes pour le Français. À cela, plusieurs raisons, l’Italie produit 400 000 tonnes du petit fruit poilu quand la France en produit 63 174 et de surcroît avec des produits phytosanitaires interdits dans l’hexagone. C’est ce dernier point qui a alerté les producteurs Français de kiwi qui ont à leur tour entretenus les enquêteurs de la DGCCRF du problème.

Un trop-plein suspect

En mars-avril 2018, déjà, les producteurs avaient noté la présence suspecte d’une nouvelle vague importante de kiwi bleus blancs rouges qui plus est en fin de saison faisant stagner les prix alors que leur raréfaction aurait dû les faire augmenter. Un véritable manque à gagner pour les producteurs du secteur du kiwi en France situé à 55 % en Aquitaine, à 22 % en Midi-Pyrénées et à 9 % en Rhône-Alpes.

Cette fraude pourrait coûter chère aux responsables à savoir deux ans de prison et 300 000 euros d’amende.
Pour éviter ce type d’arnaque, il existe une seule variété estampillée Label Rouge, le kiwi du pays de l’Adour.
 Le label garantit un entretien spécifique des kiwitiers, un apport en eau maîtrisée, et une fertilisation raisonnée. Les fruits sont par ailleurs commercialisés une fois arrivés à maturité et dispose d’une date de vente limite de 15 jours après expédition du producteur. Des contrôles réguliers sont par ailleurs effectués dans les vergers concernés. Ce type de production laisse donc peu de places aux possibilités de fraudes.  

*DGCCRF : Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Martin Dawance

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